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LA DIFFUSION DE L'INNOVATION DURANT LA PREMIÈRE INDUSTRIALISATION LES ACTIONS PUBLIQUES ET ASSOCIATIVES, LES REVUES PÉRIODIQUES 1 Michel COTTE Université de Technologie de Belfort Montbéliard |
IntroductionLa notion de diffusion géographique rapide des innovations, comme le montre lhistoire industrielle dhier et daujourdhui, sopposerait à limage de linventeur solitaire consacrant des années à mettre au point une idée technique radicalement nouvelle. Ladaptation innovante didées le plus souvent empruntées à des tiers prendrait le pas sur linventivité pure et le génie individuel dans les phénomènes dindustrialisation. En dautres termes, une approche plus collective et interdépendante de la créativité technique est à envisager par rapport à une vision unipolaire de linvention, dès la première industrialisation ou « Révolution industrielle ». Une forme hâtive de vulgarisation de lhistoire des techniques a souvent rendu populaire le génie individuel des inventeurs, en oubliant les collaborateurs, les nécessités de savoir et de savoir-faire de lenvironnement, en faisant silence sur le contexte de lentreprise, sur lexistence dautres tentatives similaires ; bref en négligeant ce que Bertrand Gille appelait le système technique dans lequel naît linnovation. Par ailleurs, les tendances longtemps nationales, pour ne pas dire plus, de nombreuses « histoires des inventions », généralement assorties de revendications de priorités, masquent un phénomène international généralisé de circulation des idées techniques, dès laube de lindustrialisation. Lépoque moderne, précisément, sefforce à rompre les traditions de « secret de fabrication » des corporations, pour rechercher des modèles si possibles universels, pour rationaliser les connaissances tant théoriques que pratiques. La diffusion de linformation technique saccélère, dabord liée au vaste projet de description scientifique de la nature, ensuite de manière beaucoup plus autonome. Lopposition entre secret et diffusion ne sestompe pas dun seul coup, bien entendu. Elle demeure même lune des tensions fondamentales du double phénomène de la créativité technique et de son exploitation à des fins lucratives par lentreprise. Mais le jeu de linformation quitte les sombres arcanes de « lespionnage », à lefficacité douteuse, pour se transformer en politique de lentreprise et en systèmes de « veille technologique ». Le concept dinnovation est aujourdhui assez bien maîtrisé pour le distinguer de lacte inventif, lui situé plus en amont dans la recherche et en lien avec la science appliquée ou lempirisme des prototypes. Linnovation est lintroduction sur le marché dun objet ou dun service nouveau ; elle peut aussi être interne à lentreprise, visant les procédés industriels ou lorganisation de la fabrication. Cela est bien connu. Les historiens ont également montré des phénomènes intéressants de « grappes dinnovations », à des moments donnés, dans des régions données, sur des questions essentielles conduisant à des changements de système technique. Cet article propose denvisager le phénomène de la circulation des idées techniques comme un vecteur préalable aux transferts et aux adaptations technologiques par les entreprises, plus largement comme un prélude à lacte créatif des ingénieurs. Linformation technique agit manifestement comme une condition préalable à linitiative innovante, parmi dautres éléments informatifs de type économique et financier dans lesquels elle simbrique. Une
telle circulation nous apparaît comme une condition nécessaire
et préalable au développement industriel ; sans
elle, pas de développement durable pour lentreprise,
à lévidence. Toutefois elle nest en rien
suffisante car, comme une tentative de greffe, elle prend plus ou
moins bien, elle échoue même assez souvent, en fonction
du terreau récepteur, des hommes, de lentreprise et de
son environnement. La qualité du substrat, compris dans le
large sens dun système technique régional, le
district des géographes daujourdhui, joue bien
entendu un rôle essentiel dans la réussite de linnovation.
1 - Les acteurs institutionnels, le cas françaisSi linformation technique par les voyages a toujours existé, elle prend une forme délibérée et organisée lors des premiers phénomènes dindustrialisation en Angleterre. Dès le XVIIIe siècle, en France, un « Bureau du commerce » directement lié au gouvernement et dans le droit fil du colbertisme se met en place dans le but tant daider les manufactures royales assorties de privilèges que de les contrôler. Il organise également un mouvement de voyages détudes par des spécialistes professionnels, dachat de machines anglaises et dembauche de techniciens étrangers. Lencouragement à la venue de techniciens britanniques au XVIIIe siècleDeux grands thèmes retiennent alors lattention : les machines textiles, notamment destinées au coton, et les nouvelles techniques sidérurgiques de la fonte au coke et de laciérage. Ils indiquent bien entendu les faiblesses relatives du monde technique français par rapport au britannique ainsi qu'une forte volonté d'adaptation. Dans le premier domaine, plusieurs inventeurs anglais tentent laventure française, à la fois en raison de la pression de la concurrence et des difficultés à imposer le machinisme dans leur pays, parfois à cause de leurs embarras financiers, voire juridiques, sur le sol doutre-Manche... Le Bureau du commerce organise leur venue en France, notamment sous limpulsion de John Holker, un Bsritannique devenu inspecteur des manufactures du roi de France. John Kay, linventeur de la navette volante arrive en 1747, bientôt suivi par Michael Alcock, un industriel de Birmingham, puis par Richard Arkwright, linventeur dune célèbre machine à filer le coton, dautres encore... Ils viennent sur le continent avec des « patentes » anglaises dont ils entendent retirer lexclusivité dexploitation en France sous forme dun privilège du roi2. Les voyages organisés par le Bureau du commerce prennent de limportance dans létude des techniques métallurgiques. A partir des années 1740, diverses missions sont envoyées outre-Manche, dont la plus célèbre est celle de Gabriel Jars, par la qualité de ses descriptions et par linfluence de la publication de son journal de voyage3. Là, la venue de techniciens britanniques est illustrée par linstallation au Creusot de William Wilkinson, associé au maître de forges lorrain Ignace Wendel4. Lhistorien britannique John Harris conclut à linefficacité répétée de ces tentatives, notamment pour la fonte au coke et lacier au creuset5. Il faudrait en gros attendre la fin de lEmpire pour que ces technologies soient adaptées en France, ce qui souligne limportance des facteurs du système technique local pour que la greffe technologique prenne, même lorsquelle est proposée par des techniciens étrangers arrivant accompagnés de leur propre main duvre. La continuation des voyages détudes au début du XIXe siècleA la fin des guerres napoléoniennes, le retour à la paix en Europe favorise les voyages et les échanges technologiques entre lAngleterre et le continent. La découverte de lavance industrielle britannique par lopinion publique éclairée renforce considérablement lintérêt pour les réalisations doutre-Manche. Nous trouvons au premier rang les institutions publiques françaises : lAcadémie, les ingénieurs des corps de lEtat, le Ministère du commerce Les centres dintérêt évoluent et deviennent plus spécialisés, notamment en direction des travaux publics et des transports. Il sagit dun domaine dans lequel leffort de guerre a conduit à des retards considérables, et la guerre elle-même à une dégradation des réseaux. Les Britanniques ont de leur côté pris une avance technologique notable en introduisant de nouveaux principes de construction et lusage du métal dans les ouvrages dart, le bâtiment. Ces
missions de spécialistes sont organisées par le gouvernement
ou directement par les corps d'ingénieurs. Leurs acteurs sont
des personnalités scientifiques très en vue comme le
baron Dupin, ou des ingénieurs en haute estime dans leur profession
comme Navier, de Gallois ou Marestier. Les rapports de mission, initialement
présentés devant les instances dont ils dépendent,
permettent souvent une publication imprimée de grande qualité,
parfois complétée de travaux personnels remarquables,
comme le Rapport et mémoire sur les ponts suspendu6.
Tableau 1 : Exemples de voyages d'études organisés par ladministration française au début de la Restauration 7
Dautres entrepreneurs ont au contraire une attitude beaucoup plus ouverte. Alors que lindustrialisation des Iles britanniques traverse une période daprès-guerre difficile, beaucoup comprennent que son avenir est dans la diffusion de ses technologies, de son savoir-faire et de ses machines vers le continent. Il sagit notamment de constructeurs de machines, de mécaniciens, d« ingénieurs civils », dont lAssociation, la première du nom, voit alors le jour à Londres dans un esprit douverture sur létranger (1825-26). Les brevets dimportation en FranceLe droit des brevets a été introduit en France durant la Révolution. Il prend une nouvelle dimension par la reconnaissance du « brevet dimportation », destiné à favoriser la venue de techniques étrangères en France, et si possible du technicien lui-même. En 1824, année où ils sont séparés pour former une catégorie à part entière, plus de 22 % des brevets déposés en France sont dorigine étrangère ! Une tendance confirmée les années suivantes, jusquà la crise de 1829-30 où leur part diminue brusquement pour ensuite se stabiliser un peu au dessus de 15%. Lapproche quantitative de ces brevets dimportation montre limportance première des technologies textiles au cours des années 1820. Dans ce domaine, la France a besoin de machines performantes et plus largement de savoir-faire en mécanique venus de lextérieur. Le phénomène disparaît assez brusquement une fois la Monarchie de Juillet installée, ces techniques paraissant alors acquises par les meilleurs centres cotonniers français. Intéressons-nous à un domaine technologique plus précis, comme celui de la génération de la vapeur, que lon peut qualifier de « saillant rentrant » au sens de Thomas P. Hughes, cest à dire de goulot détranglement au développement densemble dune industrie, ici celle de lénergie vapeur à destination des transports. Les brevets apportent alors des informations quantitatives intéressantes : 20 brevets sont déposés en France entre 1824 et 1829, ce qui montre lacuité de la difficulté durant cette période. La moitié est dorigine étrangère, sept anglais et trois américains, ce qui confirme limportance des recherches en machines à vapeur de transport outre-Atlantique. On sait que la solution est apportée par la chaudière tubulaire, construite pour la première fois par Marc Seguin à Lyon et brevetée en février 1828. Mais elle est également appliquée sur la fameuse Rocket de Robert Stephenson, au concours de machines locomotives de Rainhill, en octobre 1829, au moment même où les Seguin sont à Londres pour y déposer leur brevet Si lon ajoute que les Stephenson et les Seguin sont en relations daffaires à la même époque, faut-il souligner plus limportance comme la complexité de la circulation des idées techniques qui précède lapparition de linnovation elle-même ? Il
faut toutefois rester prudent sur la signification qualitative des
brevets, hier comme aujourdhui. Dune part nombre dentre
eux sont peu pertinents en termes technologiques. Dautre part
tout nest pas breveté, loin sen faut, et certains
domaines échappent pratiquement au droit du brevet en France,
au XIXe siècle, comme celui des ponts et des travaux publics
où le corps des Ponts et Chaussées exerce un véritable
magistère moral et administratif pour sy opposer. Enfin,
lEtat lui-même en joue, comme dun argument dissuasif
au sein de son dispositif protectionniste visant à favoriser
un essor global de lindustrie nationale. Il cherche assez clairement
à lirriguer didées étrangères,
mais en tachant déviter les situations de monopole que
cela pourrait créer. Il veut maintenir une situation concurrentielle
par un accès large aux innovations, et en définitive
favoriser les meilleurs industriels qui ne sont pas toujours les précurseurs !
En clair, lorsquun entrepreneur cherche à importer une
machine nouvelle, il est mis devant un dilemme : ou bien il obtient
un brevet tout en acquittant dimportants droits de douanes,
ou bien il en sera exonéré mais en fournissant des plans
détaillés à ladministration et en renonçant
à prendre un brevet8
Il faut ajouter qu'une telle négociation n'a rien d'officiel,
mais que les archives privées comme celles des frères
Seguin en Vallée du Rhône en atteste sans la moindre
ambiguïté9.
On
peut bien entendu se demander si la France est un cas isolé,
car probablement marquée par sa longue compétition géopolitique
avec le monde britannique depuis le XVIIe siècle. Il nen
est rien ; au XIXe siècle, de nombreux autres pays européens
adoptent des comportements similaires, notamment de voyages détudes
organisés par les pouvoirs publics et de la venue de techniciens
étrangers. Il faut citer la Prusse et la Russie, à un
degré moindre la Suède et les Etats-Unis, avec chaque
fois des nuances par rapport au cas français. Les missions
détude ont un caractère moins systématique,
et elles sont parfois effectuées par des ingénieurs
étrangers, des Français au service du tsar par exemple,
ou pour des motifs spécifiques comme la restructuration de
lacadémie militaire de West-Point outre-Atlantique. Un
peu plus tard, le Japon de lère Meiji empruntera cette
voie de manière systématique et planifiée.
2 Le mouvement associatif en faveur de « lindustrie nationale »Dune manière plus ou moins indépendante des pouvoirs publics, un mouvement associatif visant à soutenir le développement industriel national se met en place dans différents pays. Le précurseur est bien entendu lAngleterre qui, dès le XVIIIe siècle, développe de telles structures dencouragement, par le biais de concours destinés à promouvoir la recherche technologique des entrepreneurs, en distribuant des prix et des récompenses aux meilleurs, en diffusant de linformation technique, etc.. En France, longtemps, lAcadémie des sciences joua un rôle dévaluation de la recherche technique, autant que de diffusion de la connaissance par le biais de ses rapports ou du Journal des savants, plus tard par ses Comptes-rendus. Il sagissait simultanément décarter les charlatans et dencourager les véritables inventions susceptibles dapplications. La société dencouragement pour lindustrie nationaleEn France, le début du XIXe siècle est fort propice à un tel mouvement, rendant en quelque sorte accessible au plus grand nombre les efforts de collecte de linformation technique et dincitation à linnovation. Laction du ministre et savant Chaptal est des plus significatives dans ce domaine, par la création de la Société dencouragement pour lindustrie nationale, en 1802, puis par lédition dun Bulletin régulier à partir de 1804. Le but de la diffusion des connaissances utiles à lindustrie est au cur du projet, et il accompagnera toute la vie de la Société durant le XIXe siècle et au-delà. Il sagit bien de rassembler les meilleurs entrepreneurs, les savants les plus soucieux dappliquer leurs connaissances aux arts industriels, les ingénieurs confirmés, dans des comités spécialisés : les arts mécaniques, les arts chimiques, les arts économiques, lagriculture. Ils ont pour tâche première de suivre lactualité de leur domaine et den retirer les informations utiles pour le Bulletin. Ils rédigent eux-mêmes des rapports ; ils distinguent les domaines industriels et techniques à encourager dans le pays ; ils fixent les modalités des concours qui en découlent et ils attribuent les récompenses. Dès les origines, une volonté complémentaire saffirme de présenter les résultats des industries étrangères par des collections à des fins d'émulation, et de promouvoir les produits nationaux par lorganisation dexpositions. Ces dernières sont organisées au palais du Louvre, à partir de 1806, et elles deviennent régulières durant la Restauration. La sélection des produits et des entreprises est soigneusement organisée, au niveau des départements, puis le Comité de lexposition examine les objets exposés, enfin le roi en personne distribue les médailles et les récompenses. La société se préoccupe également de léducation professionnelle des ouvriers et des techniciens, un domaine jugé crucial dans la réussite britannique ou dans celle des meilleurs pôles industriels français comme Lyon ou Mulhouse. Les sources dinformations techniques du Ministère du commerce, via les formalités dimportation et leur gestion par le Conservatoire des arts et métiers, sont largement mises à la disposition de la Société. Elle agit alors comme un véritable rouage souple entre les institutions de lEtat et les entrepreneurs. Son rôle danimation de la vie industrielle, son incitation à la recherche par les entrepreneurs eux-mêmes, son action dinformation ont sans aucun doute joué un rôle déterminant dans nombre de cas. Elle crée une ambiance favorable à linitiative industrielle ; elle cherche à provoquer des décisions privées pour lancer telle fabrication, pour proposer une innovation, adapter un procédé étranger, prendre le risque du marché ... Diverses autres institutions assurent aussi un relais de la promotion industrielle dans les départements, dès lEmpire, comme les Comités consultatifs des arts et manufactures ou le mouvement naissant des Chambres de commerce. Mais la Société dencouragement se distingue par son organisation nationale et son action dinformation très structurée. Le mouvement associatif industriel en province, le cas de MulhouseIl
faut toutefois attendre la Restauration et le retour à la paix
en Europe pour quun mouvement associatif local réellement
enraciné dans les forces entrepreneuriales prenne son essor
en France, et plus largement dans le reste du monde industriel en
développement. Si ces sociétés expriment des
caractéristiques régionales fortes dans leurs sujets
préoccupations, elles offrent quelques caractéristiques
communes, comme un fonctionnement en comités spécialisés
et la diffusion dun bulletin périodique presque toujours
associé à la création de la société.
Le souci dindustrie rejoint dailleurs souvent celui des
académies scientifiques ou des arts en général,
des chambres de commerce qui parfois existent depuis longtemps, dans
les grands ports notamment. On parle fréquemment « dindustrie
agricole et manufacturière », situant bien lune
des caractéristiques fondamentales du plus grand nombre des
provinces françaises de lépoque.
Tableau 2 :
Les associations entretenant des relations avec la Société
industrielle de Mulhouse en 1830 10
Une association comme la Société industrielle de Mulhouse mérite notre attention. Cest sans doute lune des plus complètes et des mieux structurées apparaissant à cette époque. Son fonctionnement est rayonnant et il simpose à une échelle internationale, jusquà la guerre de 1870 11. Le patronat local exprime d'importantes caractéristiques communes, par le calvinisme et ses fortes valeurs communautaires, lutilisation du français au sein dun ensemble germanophone, ladhésion fréquente à la franc-maçonnerie. La solidarité industrielle et commerciale, les nombreux mariages croisés expriment tant une force collective que la volonté dinscrire durablement lindustrie mulhousienne dans un espace complexe de frontières linguistique, culturelle et politique. Il faut souligner que la zone de proximité de la ville ne possède aucune richesse naturelle particulière : pas de ressources hydrauliques notables à la différence des Vosges, pas de charbon à proximité immédiate12 ; les mines de potasse ninterviendront que par la suite. En 1826, la création de la Société industrielle de la ville concrétise les valeurs et les ambitions du milieu patronal local, notamment en directions du marché français. La cité industrieuse entend tirer avantage dune position au cur de lensemble rhénan, aux portes de la Suisse comme des pays germaniques, tout en appartenant à lespace politique français. De telles préoccupations navaient pas été étrangères à son adhésion spontanée à la Révolution, alors quelle restait jusque-là dans la mouvance helvétique. Deux besoins fondamentaux sexpriment au moment de la création de la SIM : dune part se faire mieux connaître et accroître la notoriété industrielle de la ville en direction de la France, dautre part être mieux informé des concurrents potentiels et de leurs initiatives technologiques. Les Mulhousiens ont compris, sans doute plus tôt et mieux que beaucoup dautres, que les données de la production allaient radicalement changer tout au long du XIXe siècle par le fait de la mécanisation de lindustrie. Seule une organisation collective pouvait permettre de répondre de manière structurée et sur la longue durée à ce double défi de la notoriété et de linformation ; un défi nécessaire à relever pour une adaptation continue de leurs productions aux marchés et à la concurrence. La collecte et la diffusion contrôlée des idées techniques, plus largement de nouveaux savoirs professionnels, prennent une place centrale dans le dispositif mulhousien. Il sagit dobtenir une position stratégique vis-à-vis de linformation technique, préoccupation que lon retrouve à des degrés divers dans toutes les initiatives du même type. Dans un tel contexte, la dimension internationale prend à la SIM une place de choix. Ses correspondants étrangers et les Mulhousiens installés au loin sont tout de suite nombreux, et ils sont mis à contribution dans la collecte de linformation et des produits concurrents. Ils forment rapidement un réseau international au profit de la ville. A côté de la publication du Bulletin, la SIM propose des concours sur les sujets industriels quelle considère comme prioritaires, les teintures sur coton par exemple. Elle organise des collections textiles, puis des expositions qui prennent rapidement un caractère international, quatre entre 1836 et 1844. En France, cest toutefois la ville de Bordeaux qui avait la première ouverte la voie des expositions largement ouvertes sur lextérieur, une attitude favorisée par la fonction portuaire et la présence précoce dingénieurs britanniques ou même américains. Elle organise ses quatre premières expositions dès la période 1827 1833, ne réussissant toutefois pas à tenir un rythme annuel initialement envisagé. Plus tard, les Mulhousiens mettent au point de véritables stratégies de présence et de collecte de linformation dans les expositions universelles, dès celle de Cristal Palace, à Londres en 1851. Un mouvement international de création dassociations industriellesLe cas Mulhousien, et plus généralement le développement dun mouvement associatif industriel en France dans les années 1820, nest pas isolé. Nous avons déjà mentionné pour cette période lapparition de lAssociation des ingénieurs civils britanniques, bientôt suivie de celle des ingénieurs mécaniciens. En Europe centrale, une société dencouragement est fondée à Berlin à cette époque, sur le modèle français, et un peu plus tard à Vienne où un Mulhousien, Michel Spoerlin, joue dailleurs un rôle important au début des années 1830. Il
convient de noter la création, toujours dans le milieu des
années 1820, de limportant Franklin Institute,
à Philadelphie, assez typiquement à cheval sur des préoccupations
dentrepreneurs privés et le besoin dune recherche
collective de linformation technique nécessaire au développement
du pays. Cette fondation a tout de suite une vocation dépassant
largement la seule Pennsylvanie, pour sadresser à lensemble
fédéral. Ses armes sont de même nature que pour
les sociétés européennes. La vaste mission détude
en Europe confiée à Strikland et la création
du Franklin Journal forment les deux traits les plus saillants
de la nouvelle société américaine. 3 Les périodiques et lédition techniqueAu début du XIXe siècle, les associations industrielles naissantes ont suscité un mouvement de publication de revues périodiques entièrement dédiées à linformation technique et industrielle ; un mouvement qui ne cessera par la suite de sétendre et de se professionnaliser, accompagnant lintensification de lindustrialisation. Un phénomène nouveau aux ambitions éditoriales précisesBien entendu une édition technique existe auparavant, dès la Renaissance, dans lesprit de rationalisation des arts que nous avons indiqué. Il sagit notamment des traités darchitecture et de peinture, des livres de fortification ou même de sidérurgie comme le célèbre De re metallica, dAgricola13. Il faut toutefois attendre le siècle des Lumières pour que paraissent les premiers ouvrages techniques notables en langue française, dont bien entendu la célèbre Encyclopédie ou bien les Voyages métallurgiques de Gabriel Jars, déjà évoqués. Du point de vue des périodiques, linformation technique reste longtemps liée aux journaux scientifiques, notamment dans lorbite des publications de lAcadémie des sciences, alors fortement préoccupée dapplications pratiques et dévaluation des inventions14. Lorsquapparaît le phénomène éditorial des revues techniques et industrielles autonomes, il est généralement caractérisé par un abandon pratiquement complet des questions scientifiques15. Cest un point à souligner, et il pose une question. Bien entendu, dautres revues font ce travail dinformation scientifique, plutôt bien et depuis assez longtemps, mais le lien pratique entre science et technique est-il aussi fort que lannonce les philosophes de la société industrielle naissante ? En tout cas, il ne sagit certainement pas des mêmes lecteurs, et les mondes sociaux des sciences et de lindustrie sont bien distincts. Si une frange notable de savants parfois célèbres sintéresse aux applications pratiques, il est clair que les nouvelles revues ne sadressent pas à eux, mais aux entrepreneurs, aux techniciens des manufactures, aux artisans ambitieux et aux ouvriers délite des métiers en train de se transformer. Les revues ont toutes des préoccupations pédagogiques, notamment par des articles courts et relativement simples à lire, le recours aux dessins et aux illustrations pour les plus riches16. En décrivant des procédés, des machines, des expériences industrielles, elles ambitionnent de susciter des initiatives de terrain, dinciter les entreprises de tous niveaux à faire des choix technologiques nouveaux et à se lancer dans des fabrications inédites. Ces journaux manifestent lémergence et le développement rapide dune classe sociale nouvelle, déjà bien présente outre-Manche : les entrepreneurs et les techniciens de lindustrie. La volonté nouvelle de sintéresser aux industries elles-mêmes, aux changements introduits en leur sein par les nouveaux procédés caractérise ces journaux. La périodicité des revues est souvent mensuelle, parfois hebdomadaire comme pour le Mechanic Magazine anglais. La rapidité de linformation apparaît comme un élément déterminant, lié à lintérêt des faits récents et inédits, à une forme dactualité des techniques et de lindustrie, même pour des bulletins provinciaux aux moyens éditoriaux limités. Là, on nhésite pas à reproduire des articles ou simplement des notes de lectures dautres périodiques plus prestigieux. Ces bulletins assurent un large écho de linformation technique et industrielle, jusque dans les provinces les plus reculées17. La recherche de la qualité de linformation, mais aussi d'une sélection didées techniques pertinentes pour des applications industrielles, traverse ces efforts éditoriaux, notamment pour les plus puissants comme le Bulletin de la Société dencouragement, à vocation nationale. Dans ce cas, appuyé par des comités spécialisés formés dhommes de valeur, linformation atteint un bon niveau d'ensemble ; elle apporte des étude de cas documentées, des visions de synthèse et un équilibre permanent entre les différents champs des techniques et de lindustrie. Les revues plus régionales ou locales évoluent vers des domaines de prédilection, bien entendu liés à leurs pôles dexcellences, comme la chimie des teinture ou la sécurité des machines à vapeur pour Mulhouse. Dautres revues, et nous pensons là au Franklin Journal, se penchent plus sur de grandes questions dactualité technique pour leur espace de diffusion, suivant parfois des effets de mode. Toutefois, linformation à caractère technique et industriel ne vient pas uniquement du mouvement associatif que nous venons de présenter. Dune part les journaux généralistes sintéressent de plus en plus à ce phénomène de société, et ils sont eux aussi en plein développement. Ils donnent assez fréquemment des sujets dans ces domaines, des descriptions et des informations utiles aux entrepreneurs et aux artisans. Dautre part, les corps dingénieurs de lEtat existent depuis le XVIIIe siècle et, dans leurs domaines, ils forment une élite de spécialistes reconnus. Ils développent, aux mêmes époques, des revues couvrant leur domaine, aux articles plus approfondis et volontiers plus théoriques que les associations industrielles a vocation généraliste18. Ecrits par les membres les plus prestigieux des corps et dabord destinés à eux-mêmes, ces périodiques acquièrent rapidement un prestige international. Véritable lieu de production dune « science de lingénieur », ils apportent une source de connaissances technologiques à léchelon mondial. Enfin, une presse liée à des groupes indépendants animés par un idéal philosophique ou dépendant de personnalités naît également à la même époque. Il sagit notamment des journaux de la mouvance saint-simonienne, animés par des ingénieurs ou des savants porteurs dun idéal de progrès général de la société par le développement de lindustrie et par la promotion des moyens de transport modernes19. Le Bulletin de la Société dencouragement et la « veille technologique »Le souci de veille technologique, notamment le désir de connaître le monde technique et industriel britannique, apparaît comme une clé du développement industriel de la France. Des périodiques paraissent, affichant clairement leur projet dinformation dans ce domaine. Ils procèdent généralement par la traduction darticles parus dans la presse technique britannique, par la reproduction des plans et dessins associés et, dans le meilleur des cas, de comptes-rendus originaux de voyages détudes20. La première revue à présenter cette ambition et à lassurer sur la longue durée est le Bulletin de la Société dencouragement. Une approche quantitative des articles publiés est possible, notamment par le recensement des articles concernant les informations techniques et industrielles étrangères21. Dès les origines du Bulletin, en 1804 lorsquil prend une forme stable, la présence de linformation étrangère est massive, confirmant limportance initiale dune veille technologique à grand rayon daction. Environ 44% du Bulletin de cette année-là est consacré à ces sujets, en nombre de pages et en retirant les nombreux articles concernant à la vie de la nouvelle société. La présence de linformation dorigine britannique est prépondérante par rapport aux autres zones géographiques, mais elle nest pas exclusive. Elle concerne moins de la moitié des articles sur les techniques étrangères. Les autres régions fortement représentées sont les pays germaniques et les pays méditerranéens. Le souci initial de veille est large, et il sapplique a priori à toutes les régions comme à un très vaste spectre de techniques et de savoir-faire. Les sujets traités sont dabord lagro-alimentaire, une préoccupation longtemps récurrente en France comme nous lavons déjà vu, ensuite la mécanique et les machines textiles, puis les transports, les cuirs et les peaux, les machines à vapeur, etc.. Conformément à un choix initial de la Société, les sujets sont largement dispersés et ils le resteront au fil des ans. Quelques années après, au tournant de la fin de lEmpire et de létablissement de la Restauration, les tendances du départ se confirment et en même temps elles évoluent. Lintérêt pour les techniques étrangères reste tout dabord omniprésent. Si lannée particulièrement difficile de 1814 napporte quun peu moins dun tiers darticles dans ce champ (31,5%), nous retrouvons des niveaux très élevés les deux années suivantes (42,3% et 45,5%). Dans les origines géographiques, la polarité vers le monde britannique est maintenant devenu largement dominante, et elle ne cesse de progresser sur les trois années examinées : dès 1815 près dun tiers des pages du Bulletin concerne la Grande-Bretagne, près de 39% lannée suivante. Une accélération de linfluence britannique accompagne cette période charnière, avant même un complet retour à la paix en Europe. Le Bulletin annonce la mania de la Restauration pour lindustrie doutre-Manche et il la prépare en lui donnant sa première légitimation par limprimé. En dehors de quelques rares articles sur lItalie, le monde méditerranéen a pratiquement disparu. Lintérêt pour lespace germanique et lEurope centrale est lui en forte réduction, passant de 8 à 4% environ de la pagination en trois ans. Les centres dintérêt atteignent un maximum de dispersion ; en dautres termes tous les sujets techniques sont abordés, dans un souci déquilibre et de largeur de la veille qui fait quaucun ne prédomine. On sent à travers ce fait le suivi éditorial poussé des animateurs du Bulletin, de M. de Gerando en particulier. On peut au mieux noter un intérêt un peu plus marqué pour les questions déclairage au gaz, les machines à vapeur et leur sécurité. Le textile et lagro-alimentaire restent toujours présents, mais au niveaux des autres sujets : chimie, mécanique, sidérurgie, construction, imprimerie et lithographie, métiers dart, etc.. Dix ans après, alors que linfluence anglaise touche à son maximum dans les industries en France, par exemple via les brevets dimportation, le Bulletin annonce, lui, leur diminution relative dintérêt à venir. Les techniques étrangères représentent un pourcentage de pagination moindre, entre 20 et 25% du total, il est vrai pour des volumes plus épais quau départ 22. Les techniques britanniques se retrouvent entre 15 et 20% de lensemble, ce qui est une décroissance notable sur la période précédente, tout en restant linfluence extérieure largement prédominante. Lintérêt pour le monde germanique est lui stabilisé aux alentours de 4%. Les sujets traités marquent à la fois un retour aux tendance initiales, avec à nouveau une première place à lagro-alimentaire, et la permanence des questions industrielles de lépoque : les machines à vapeur, la chimie, la sidérurgie et les textiles. La dimension internationale de la veille technologique par les revuesAu-delà de lanalyse dune revue emblématique dans lespace francophone des techniques, au XIXe siècle ; il importe dapprocher la question sous un angle international. A nouveau, un ensemble de pays en voie dindustrialisation est concerné. Prenons lexemple de la question des techniques françaises aux Etats-Unis, via un périodique américain, le Franklin Journal23. Nous avons vu que le Franklin Institute envoie, dès sa création, une longue mission détudes en Europe. Le Journal, dès ses premiers numéros, accorde une place importante au voyage de Strikland et de son collaborateur. Il apporte ce que lon appellerait aujourdhui un événement médiatique. Bien entendu, létude du monde britannique est au centre tant de la mission Strikland que des préoccupations du Journal. Le continent européen apparaît alors comme un complément détudes ou bien comme porteur de quelques spécialités. Il nest pas toujours facile de saisir dans les articles du Journal lorigine britannique dune description, en raison notamment de lusage de la même langue. On peut simplement dire quelle est très importante et de loin la plus représentée dans la pagination du Journal. Par contre, la documentation dorigine française apparaît plus nettement, elle clairement indiquée comme provenant dune zone culturelle et technique franchement étrangère24. Une étude sur les premières années du Journal montre une présence des techniques françaises pour un peu moins de 10% de la pagination totale. Cest a priori assez important, mais cela recouvre une grande diversité de situations dune année sur lautre. Tout dabord les effets de mode sont marqués, et lintérêt pour les techniques et lindustrie française sont des plus variables, oscillant entre 2 et 18% suivant les volumes ! Par exemple en 1826, la première année de publication, il est notable dans la perspective dune information internationale voulue par les fondateurs (9,4%), mais limité à quelques champs : principalement les teintures et couleurs, la soierie, les matériaux de construction, la sidérurgie et métallurgie. Un article de 1827 : « Progress of Manufactures in France »25, traduit dun journal anglais, semble soudain donner une perspective complètement nouvelle aux Américains. Les Français seraient capables de concurrencer avec succès lindustrie britannique sur le continent européen dans de nombreux domaines, et plusieurs manufacturiers anglais seraient en train de sinstaller chez eux ! Nous reconnaissons les efforts alarmistes des conservateurs britanniques, mais leffet est immédiat en Amérique. La pagination consacrée aux techniques françaises bondit à plus de 18% sur lensemble de la seconde année, les centres dintérêt sélargissent et les « spécialités » accordées au Français sont particulièrement bien traitées : les arts décoratifs et le luxe, limprimerie et la lithographie, les teintures et couleurs, les aérostats, à un degré moindre larchitecture et les travaux publics, lagriculture et la chimie ; les brevets français sont également analysés. Dans
les années qui suivent, les pics dintérêts
correspondent généralement à une étude
particulière dans un domaine relativement précis. En
1828, la chimie des teinture et des couleurs, les arts décoratifs,
et les brevets français retiennent le plus lattention
du Journal. En 1830 c'est l'inquiétude des Américains
à propos des accidents de machines à vapeur qui vaut
une étude approfondie du cas français26.
Puis un tassement sopère dans cet intérêt
pour les techniques françaises ; un indice de 2,3% seulement
en 1834. Ensuite, un retour parfois important sopère,
notamment par le biais de grands rapports publiés sous forme
de série d'articles. Il nest pas sans intérêt
de noter que le premier de ce type, en 1835, est le compte-rendu dun
ingénieur français sur la sidérurgie et la métallurgie
britannique ! On glisse ensuite vers des rapports sur les industries
minières puis, de manière plus durable, aux techniques
de génie civil et dhydrauliques dans lesquels ils apparaissent
comme les spécialistes de références, en relation
probable avec linfluence française sur la formation des
ingénieurs militaires de West-Point. ConclusionLe sujet de la circulation des idées techniques est vaste, notamment par la très grande richesse des thèmes abordés, ici principalement dans le champ des actions publiques et associatives, des revues périodiques. Nous avons surtout ordonné quelques exemples, dans l'esprit d'une typologie des moyens au service de la diffusion de l'information technique. Il serait par exemple nécessaire d'analyser des filières technologiques précises dans les revues, le contenu des bibliothèques de l'époque, etc. Lédition technique comporte encore les traductions de livres. Par ailleurs, le thème de la circulation des idées techniques doit être complété par le vaste champ des actions privées, à commencer par limmigration des techniciens étrangers : britanniques en France et en Europe du sud ; européens aux Etats-Unis, etc. Les entrepreneurs voyagent aussi pour leur propre compte, cest une évidence, mais encore peu étudiée27. Ils établissent de fructueux liens de commerce et de partenariat technique. Un marché des techniques nouvelles apparaît, largement investi par les ingénieurs civils britanniques, mais pas seulement. Les Français sont très présents en Russie par exemple, dès le début du XIXe siècle. Léducation et les questions de formation jouent également un rôle très important dans la diffusion des nouvelles connaissances techniques, dune part dans le champ de la culture des ingénieurs, dautre part dans la constitution décoles dingénieurs civils généralistes puis spécialistes, ou décoles de techniciens et de cadres moyens de lindustrie. Le
thème de la circulation des idées techniques apparaît
bien comme une question de géographie historique à part
entière, en amont des démarches dinvention et
dinnovation technologique. Il forme un véritable sujet
détudes, rouvrant celui plus ancien du transfert de technologies.
En tout cas, le modèle unipolaire et univoque de diffusion
des techniques à partir du modèle britannique vers les
« zones périphériques » de la
Révolution industrielle mérite dêtre passé
au crible de la circulation des idées techniques. Une vision
plus complexe et plus interactive de la genèse des technologies
dans les différents espaces culturels sen dégage.
1NOTES
Cette communication est extraite dune recherche en cours de publication : Cotte Michel, De lespionnage industriel à la veille technologique, Descartes & Cie, Paris, à paraître. 2 Hilaire-Perez, Liliane, « Transferts technologiques et juridiques au siècle des Lumières », La revue, Musée des arts et métiers, 12, 1995, p. 51-60. 3 Jars, Gabriel, Voyages métallurgiques, 3 vol., 1774-1781. 4 Bonnot, Monique, Recherches sur la fonderie du Creusot jusquen 1814, Faculté des lettres de Paris, 1960, thèse dactylographiée. 5 Harris, John, Essay in Industry and Technology in the 18th Century, Aldershot UK, Ashgate 1992. 6 Navier, ouvrage publié en 1823 et réédité en 1830. 7 Cotte, Michel, De lespionnage industriel à la veille technologique, H.D.R., EHESS Paris, 2000. 8 Cotte, Michel, Innovation et transfert de technologies, le cas des entreprises de Marc Seguin , Lille, P.U. du Septentrion, 1998, P. 462-6. 9 Cotte, Michel, Le fonds d'archives Seguin, aux origines de la Révolution industrielle en France, Archives départementales de l'Ardèche, Privas, 1997; c'est le cas de machines de bateau importées en 1826-27. 10 Daprès le catalogue imprimé de la bibliothèque de la Société industrielle de Mulhouse, 1830. 11 Ott, Florence, La Société industrielle de Mulhouse, PU de Strasbourg, 2000. 12 Le gisement de Ronchamp, en Haute-Saône, sera développé dans la seconde partie du XIXe siècle, mais il reste dampleur modeste. 13 Publié à Bâle en 1530. 14 Notamment : le Journal des savants, les Annales de Chimie, puis les Comptes-rendus de lAcadémie. 15 Les questions de chimie sont probablement un peu à part ; les principes chimiques et les théories gouvernant sans doute plus quailleurs les applications pratiques. 16 Linsertion de gravures dans le texte pose alors de notables problèmes dimprimerie, on recourt souvent à des planches hors texte. 17 Il y a là un sujet en soi de géographie historique. 18 Le plus ancien est le Journal des Mines, créé en 1816, puis les Annales des Ponts et Chaussées en 1831 ; il convient dy rattacher le Journal de lEcole polytechnique (1805), dun contenu plus scientifique, et le Journal des voies de communications édité à Saint-Petersbourg de 1826 à 1836. 19 Une petite nébuleuse de publications, souvent éphémères, se rattache de près ou de loin au mouvement saint-simonien ; notons parmi eux : La revue encyclopédique (1819), Le producteur (1825), Lindustriel (1826), le Journal du Génie civil dAlexandre Corréard (1828), etc.. 20 Il faut notamment citer en langue française : les Annales de lindustrie nationale et étrangère (1820) édité par Moléon, et la Bibliothèque universelle, publiée par les savants genevois Pictet et de Candolle. 21 Pour une approche critique de la méthode retenue, voir nos travaux cités : notes 1 et 7. 22 En 1804, le Bulletin approche 200 pages ; dans la période 1815 : 300 ; un peu plus de 400 en 1825-1826. 23 Cest le nom initial, transformé assez rapidement en Journal of the Franklin Institute. 24 Michel Cotte, « La création du Franklin Institute et la circulation des idées techniques », in R. Belot, M. Cotte, P. Lamard (ed.) La technologie au risque de lhistoire, Paris, Berg UTBM, 2000, p. . 25 The Franklin Journal, 3, 1827, p. 200-201. 26 Plusieurs explosions de chaudières sur les bateaux du Mississippi ont causé de nombreux morts. 27 Michel Cotte, « Circulation de l'information technique et innovation, quelques exemples », Le culture della tecnica, 2, Torino 1994, p. 23-60 ; « From Trade to Industry, The Independant Informative Networks of European Firms (Eraly 19th C.) », ICON, 5, 1999, p. 167-187. |
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