LE CHATEAU
DE MONTVILLERS
(La famille Poupart)

École de Glaire

Classe de Mlle Frédéric

CM1-CM2

Février 03

 

Jean Abraham Poupart, baron de Neuflize, riche drapier de Sedan, a acheté le site de Bazeilles en 1764. Dans cette propriété coule la Givonne, ce qui lui a permis de construire une foulerie. On importait la laine, la filait, la cardait, la tissait puis la foulait pour l’assouplir et la rendre plus résistante. L’eau de la Givonne était la source d’énergie qui faisait fonctionner les machines.

 


La foulerie avant les travaux de restauration du bâtiment

 


La Givonne et la foulerie (sur la gauche)
 

 


Pendant les travaux de rénovation

 

Le domaine de Montvillers s’étend sur seize hectares qui se répartissent entre le château, les jardins et les dépendances.

Le château a été probablement construit sous la direction de l’architecte Claude Jean-Baptiste Jallier de Savault (1738-1807). Commencé en 1770, le château coûte à Jean-Abraham Poupart plus de 200 000 livres. Il s’est fait construire cette folie pour ses réceptions. Il a reçu en particulier le marquis de La Fayette.

 

 

La surface habitable du château mesure 1050 m². Il est construit en pierre de taille locale jaune, style caractéristique de la fin du XVIIIe

siècle. Sa forme rectangulaire, sa toiture en ardoise originairement à l’italienne puis modifiée par un toit à la Mansart donne à la bâtisse un aspect  plus massif et austère. Le toit (sur le terrasson) possède six lucarnes à capucines (trois devant et trois derrière). La façade, à l’arrivée, est composée d’une succession de décrochements. A chaque décrochement on remarque une chaîne de bossages.

 


On voit ici un des décrochements de la façade d’entrée
 

 


On peut voir une lucarne à capucine sur le terrasson (la plus haute partie du toit)

 

 

Le rez-de-chaussée possède six hautes baies. Vient ensuite un étage d’habitation avec en son centre un oculus (œil-de-bœuf) soutenu  par des angelots.

 

 

 


Une corniche denticulée (1), une frise sculptée (2) et un pilastre ionique (3)

 

On accède à la porte d’entrée par deux perrons tournants. Elle est encadrée par deux pilastres ioniques et surmontée d’un petit fronton triangulaire. La frise qui longe la corniche à gros denticules est richement sculptée de symboles maçonniques (compas, équerres, sphinx). Ceci confirme l’appartenance de son propriétaire à l’ordre des Francs-Maçons.

La façade arrière se caractérise par son avancée semi-circulaire, sorte de tour centrale entourée d’un balcon. Trois portes-fenêtres sont séparées par des colonnes semblables à celles de la façade principale et chacune est surmontée d’un oculus aveugle décoré de coquilles et de mascarons. Sur toute la longueur de la rotonde court une frise. Un fronton courbe coiffe la porte-fenêtre centrale de la rotonde.

 

 

Plusieurs dépendances apparaissent en marge du château.


Dans le pigeonnier, on élevait des pigeons voyageurs qu’on utilisait pour envoyer des messages

 


L’orangerie
 Une orangerie était un lieu de distraction et un local pour les plantes ne supportant pas l’hiver. Elle possède une façade dépouillée et présente une succession de baies aux linteaux cintrés.
 


Le château est situé dans un parc boisé qui possède des allées et un étang de forme irrégulière enjambé par un pont

 

La famille Poupart possédait aussi, entre autres, un magnifique palais usine dans l’actuelle rue Gambetta (et rue Saint-Michel) où des souverains comme l’empereur Napoléon Ier ou le roi de

Prusse séjournèrent. Ce bâtiment magnifique fut malheureusement détruit dans les bombardements de mai 1940.

 

 

Les photographies des bâtiments et installations du centre de Montvillers sont propriété exclusive du CSSA que nous remercions pour son autorisation.

Textes extraits du livre de Sophie Drozdowiez-Charlier, "Manufacturiers et châteaux : trois siècles d'histoire parallèle (XVIIIe-XXe siècle)" in Jacques Rousseau, Bazeilles, origine et mutation, Balan, éd. IBS, 2002, pp. 37-57.