retour accueil
 
Classe BNF 2006 : devenons écrivains

 

retour accueil projets

Les élèves de la 5èA ont réalisé :

des recherches en histoire avec leur professeur Mme galopeau de Almeida,sur la constructions des cathédrales et en particulier celle de Reims,

ils ont élaboré en parallèle un récit sous la direction de leur professeur de Français, Melle Gobron.

Ils avaient auparavant visité la cathédrale de Reims et l'atelier d'un maître verrier à Rilly la Montagne.


Le récit a été publié sous la forme d'un petit fascicule.Il est intitulé :


"Un nouvel oeuvrier pour la cathédrale de Reims"
Nous en mettons le contenu ici.
Une suite est prévue l'an prochain avec une autre classe.

 


Après avoir parcouru un long chemin Jean de Loin arrive à Reims où une cathédrale est en construction. Il franchit la porte Mars et aperçoit les échafaudages d'un chantier immense. Il s'engage dans une rue étroite où les gens le bousculent. Dans un coin des femmes marchandent des étoffes chez un drapier, en face un paysan vend des pommes tandis que, assis par terre, un mendiant aux vêtements troués quémande quelques pièces.
Il franchit la porte Mars. dessin de Samuel

 

Plus loin Jean heurte deux moines qui parlent de la fameuse cathédrale en construction. Le jeune homme s'excuse et se présente :
- Pardonnez-moi mes frères, je me nomme Jean et je cherche un endroit pour passer la nuit. Je ne suis pas d'ici.
- Nous connaissons une petite auberge près du grand chantier et nous pouvons, si vous le souhaitez, vous y emmener. Mais dites-nous pourquoi vous êtes venus par chez nous.
- Je cherche du travail, j'aimerais être embauché sur le chantier de la cathédrale. Avant de venir ici j'étais verrier et j'ai fabriqué certains vitraux de Notre-Dame de Paris. Après une déception amoureuse j'ai décidé de quitter la capitale pour oublier celle que j'aimais.
- Nous sommes vraiment désolés de vous avoir rappelé de mauvais souvenirs, mais dépêchons-nous, la nuit va tomber, allons à l'auberge.
Les trois hommes poursuivent alors leur chemin, ce qui était périlleux : il fallait faire attention aux détritus que les citadins jetaient des étages supérieurs.

 

Ils arrivent enfin à l'auberge du Bon Sommeil, ils franchissent le seuil et découvrent une vaste pièce éclairée par un grand feu et par quelques chandelles posées sur de longues tables. Dans la pénombre ils aperçoivent l'aubergiste qui vient les accueillir : il ne lui reste plus qu'une chambre à côté de l'écurie. Jean accepte de loger là et, avant que les moines ne s'en aillent, il les invite à partager son repas.

 

Tous trois se dirigent vers une table près de la cheminée pour discuter autour d'un bon dîner, au chaud. Jean prend place sur un banc en face des deux moines. De là où ils sont ils peuvent voir le petit aubergiste corpulent remuer la soupe fumante dans une grosse marmite d'où se dégage une agréable odeur de châtaignes. Bientôt la femme de l'hôtelier apporte trois bols à son mari, il les remplit et, avec adresse, elle se fraye un chemin entre les tables et dépose la nourriture devant Jean et ses compagnons.


Ils commencent à manger et discutent des différentes églises qui sont édifiées dans la ville en même temps que la cathédrale. Il y a Sainte Balsamine, Saint Nicaise ou encore Saint Jacques…Que de tumulte et d'agitation ! Des ouvriers viennent de partout pour travailler dans Reims qui compte alors jusqu'à vingt mille habitants.
Le plan de Reims au XIIIè siècle  

 

. Soudain un courant d'air rafraîchit la salle car la porte vient de s'ouvrir. Un homme barbu entre et s'installe à une table. Frère Nicolas le reconnaît : il s'agit de Maître Champs qui est le maître verrier de la cathédrale. Le frère se lève pour le saluer, ce qui fait sursauter Jean et frère Mathieu: - Bonjour Maître Champs comment allez-vous ? - Oh!Frère Nicolas! Je vais très bien mais quelle surprise de vous voir ici ! Je ne pensais pas vous rencontrer dans un tel endroit ! - J'ai conduit dans cette auberge un jeune homme qui cherchait un logis pour passer la nuit, venez donc à notre table, vous y retrouverez frère Mathieu et le garçon en question. Les deux hommes s'attablent aux côtés de frère Mathieu et de Jean qui se présente.
Ils se mettent à parler de la cathédrale en construction : Maître Champs est préoccupé parce qu'un de ses meilleurs compagnons s'est brûlé les mains avec du verre en fusion. Maintenant le retard s'accumule et pour le rattraper il lui faut trouver rapidement un oeuvrier compétent. Jean intervient alors et dit qu'il est prêt à travailler. Aussitôt Maître Champs lui demande de venir le trouver le lendemain au lever du soleil sur le chantier.

Le repas étant terminé, les quatre hommes se séparent. Jean se dirige vers sa chambre. Comme il est fatigué il s'allonge sur sa paillasse et s'endort en rêvant. Il se voit travaillant avec Maître Champs à la fabrication des vitraux, tout le monde le respecte et l'appelle Maître Jean .Mais tout à coup un hennissement le fait sortir de son rêve : non, il n'est pas maître mais simplement un pauvre jeune ouvrier qui a le cœur brisé. Il se lève et se dirige vers l'écurie où il rassure les chevaux nerveux à cause de l'orage. Trop épuisé par sa longue journée Jean s'endort auprès d'eux et, au petit matin, l'aubergiste, venu pour nourrir les bêtes, le réveille: - Eh l'ami! Le soleil est déjà haut dans le ciel. Que fais-tu là? - Je n'arrivais pas à dormir, j'ai trouvé ici de la compagnie et de la chaleur. Mais je vais rater mon rendez-vous! Il faut que je m'en aille. Jean court à travers la foule jusqu'au parvis de la cathédrale où il retrouve maître Champ visiblement contrarié par ce retard. Le jeune homme s'excuse et accompagne le fameux verrier jusqu'à son atelier. Ils arrivent dans une petite maisonnette devant laquelle se trouve un gros tas de sable. Tous deux entrent et une chaleur intense fait immédiatement rougir leurs joues : là se trouve un grand four où deux ouvriers s'activent. Chacun tient une canne creuse dans laquelle il souffle, à l'extrémité se trouve une boule de verre en fusion. Ensuite maître Champs entraîne sa nouvelle recrue dans une autre pièce où il fait plus frais. Jean découvre alors sur des feuilles de parchemin de magnifiques dessins qui sont l'œuvre du maître. Il admire une de ces créations cependant qu'à côté un compagnon, après avoir découpé les pièces de verre avec une pointe rougie au feu, les assemble dans les rails de plomb Jean voudrait commencer à travailler. Il s'approche de l'étagère où se trouve une pointe qu'il fait chauffer, puis, sur une table enduite de craie, il pose délicatement une plaque de verre et se met à la découper selon le carton .Maître Champs le regarde attentivement et constate que l'apprenti est doué .Il lui tend donc la main ce qui signifie qu'il est embauché .Le garçon la lui serre avec enthousiasme car il est heureux d'être pris dans cet atelier.
Les photos ont été prises lors de la visite de la cathédrale et de l'atelier du maître verrier en 2005 !

 

Soudain un tailleur de pierres arrive et s'approche de maître Champs .Il lui parle à l'oreille, le maître semble bouleversé. Il demande à ses hommes de cesser de travailler parce que l'architecte de l'église Saint-Nicaise, Hugues Libergier, est décédé. Le silence gagne la pièce où chacun se met à prier. Maître Champs, après un petit moment brise le silence :
- " Ce décès ne doit pas perturber notre travail, mais il faudrait rendre hommage à cet homme qui a tant fait pour notre ville. - Nous pourrions peut-être fabriquer un vitrail à son effigie ? - Cela est impossible, nous sommes déjà très en retard dans notre ouvrage. "
Le tailleur de pierres arrivé précédemment interrompt le dialogue et propose de faire une pierre tombale qui représentera le défunt avec ses outils. Maître Champs offre son aide : il dessinera les traits du visage de l'architecte et Vincent le remplacera, c'est un de ses meilleurs compagnons. Sur ces mots le tailleur retourne dans sa loge pour commencer à préparer la pierre tandis que Maître Champs se met à dessiner les traits de Hugues Libergier.

A suivre...
dessin de la piere tombale d'Hugues Libergier déposée aujourd'hui dans la cathédrale de Reims.  

 

La cathédrale de Reims en 2006 !