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Le récit a été publié
sous la forme d'un petit fascicule.Il est intitulé :
"Un nouvel oeuvrier pour la cathédrale
de Reims"
Nous en mettons le contenu ici.
Une suite est prévue l'an prochain avec une autre classe.
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Après avoir parcouru
un long chemin Jean de Loin arrive à Reims où une cathédrale est en
construction. Il franchit la porte Mars et aperçoit les échafaudages
d'un chantier immense. Il s'engage dans une rue étroite où les gens
le bousculent. Dans un coin des femmes marchandent des étoffes chez
un drapier, en face un paysan vend des pommes tandis que, assis par
terre, un mendiant aux vêtements troués quémande quelques pièces. |
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Il franchit la porte Mars. dessin de Samuel
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Plus loin Jean heurte deux moines qui parlent de la
fameuse cathédrale en construction. Le jeune homme s'excuse et se
présente :
- Pardonnez-moi mes frères, je me nomme Jean et je cherche un endroit
pour passer la nuit. Je ne suis pas d'ici.
- Nous connaissons une petite auberge près du grand chantier et nous
pouvons, si vous le souhaitez, vous y emmener. Mais dites-nous pourquoi
vous êtes venus par chez nous.
- Je cherche du travail, j'aimerais être embauché sur le chantier
de la cathédrale. Avant de venir ici j'étais verrier et j'ai fabriqué
certains vitraux de Notre-Dame de Paris. Après une déception amoureuse
j'ai décidé de quitter la capitale pour oublier celle que j'aimais.
- Nous sommes vraiment désolés de vous avoir rappelé de mauvais souvenirs,
mais dépêchons-nous, la nuit va tomber, allons à l'auberge.
Les trois hommes poursuivent alors leur chemin, ce qui était périlleux
: il fallait faire attention aux détritus que les citadins jetaient
des étages supérieurs. |
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Ils arrivent enfin à l'auberge du Bon Sommeil, ils franchissent
le seuil et découvrent une vaste pièce éclairée par un grand feu
et par quelques chandelles posées sur de longues tables. Dans la
pénombre ils aperçoivent l'aubergiste qui vient les accueillir :
il ne lui reste plus qu'une chambre à côté de l'écurie. Jean accepte
de loger là et, avant que les moines ne s'en aillent, il les invite
à partager son repas.
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| Tous trois se dirigent vers une table près de la cheminée
pour discuter autour d'un bon dîner, au chaud. Jean prend place sur
un banc en face des deux moines. De là où ils sont ils peuvent voir
le petit aubergiste corpulent remuer la soupe fumante dans une grosse
marmite d'où se dégage une agréable odeur de châtaignes. Bientôt la
femme de l'hôtelier apporte trois bols à son mari, il les remplit
et, avec adresse, elle se fraye un chemin entre les tables et dépose
la nourriture devant Jean et ses compagnons. |
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Ils commencent à manger et discutent des différentes églises qui
sont édifiées dans la ville en même temps que la cathédrale. Il y
a Sainte Balsamine, Saint Nicaise ou encore Saint Jacques…Que de tumulte
et d'agitation ! Des ouvriers viennent de partout pour travailler
dans Reims qui compte alors jusqu'à vingt mille habitants. |
| Le plan de Reims au XIIIè siècle |
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. Soudain un courant d'air rafraîchit la
salle car la porte vient de s'ouvrir. Un homme barbu entre et s'installe
à une table. Frère Nicolas le reconnaît : il s'agit de Maître Champs
qui est le maître verrier de la cathédrale. Le frère se lève pour
le saluer, ce qui fait sursauter Jean et frère Mathieu: - Bonjour
Maître Champs comment allez-vous ? - Oh!Frère Nicolas! Je vais très
bien mais quelle surprise de vous voir ici ! Je ne pensais pas vous
rencontrer dans un tel endroit ! - J'ai conduit dans cette auberge
un jeune homme qui cherchait un logis pour passer la nuit, venez donc
à notre table, vous y retrouverez frère Mathieu et le garçon en question.
Les deux hommes s'attablent aux côtés de frère Mathieu et de Jean
qui se présente. |
| Ils se mettent à parler de la cathédrale
en construction : Maître Champs est préoccupé parce qu'un de ses meilleurs
compagnons s'est brûlé les mains avec du verre en fusion. Maintenant
le retard s'accumule et pour le rattraper il lui faut trouver rapidement
un oeuvrier compétent. Jean intervient alors et dit qu'il est prêt
à travailler. Aussitôt Maître Champs lui demande de venir le trouver
le lendemain au lever du soleil sur le chantier. |
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Le repas étant terminé, les quatre hommes se séparent.
Jean se dirige vers sa chambre. Comme il est fatigué il s'allonge
sur sa paillasse et s'endort en rêvant. Il se voit travaillant avec
Maître Champs à la fabrication des vitraux, tout le monde le respecte
et l'appelle Maître Jean .Mais tout à coup un hennissement le fait
sortir de son rêve : non, il n'est pas maître mais simplement un pauvre
jeune ouvrier qui a le cœur brisé. Il se lève et se dirige vers l'écurie
où il rassure les chevaux nerveux à cause de l'orage. Trop épuisé
par sa longue journée Jean s'endort auprès d'eux et, au petit matin,
l'aubergiste, venu pour nourrir les bêtes, le réveille: - Eh l'ami!
Le soleil est déjà haut dans le ciel. Que fais-tu là? - Je n'arrivais
pas à dormir, j'ai trouvé ici de la compagnie et de la chaleur. Mais
je vais rater mon rendez-vous! Il faut que je m'en aille. Jean court
à travers la foule jusqu'au parvis de la cathédrale où il retrouve
maître Champ visiblement contrarié par ce retard. Le jeune homme s'excuse
et accompagne le fameux verrier jusqu'à son atelier. Ils arrivent
dans une petite maisonnette devant laquelle se trouve un gros tas
de sable. Tous deux entrent et une chaleur intense fait immédiatement
rougir leurs joues : là se trouve un grand four où deux ouvriers s'activent.
Chacun tient une canne creuse dans laquelle il souffle, à l'extrémité
se trouve une boule de verre en fusion. Ensuite maître Champs entraîne
sa nouvelle recrue dans une autre pièce où il fait plus frais. Jean
découvre alors sur des feuilles de parchemin de magnifiques dessins
qui sont l'œuvre du maître. Il admire une de ces créations cependant
qu'à côté un compagnon, après avoir découpé les pièces de verre avec
une pointe rougie au feu, les assemble dans les rails de plomb Jean
voudrait commencer à travailler. Il s'approche de l'étagère où se
trouve une pointe qu'il fait chauffer, puis, sur une table enduite
de craie, il pose délicatement une plaque de verre et se met à la
découper selon le carton .Maître Champs le regarde attentivement et
constate que l'apprenti est doué .Il lui tend donc la main ce qui
signifie qu'il est embauché .Le garçon la lui serre avec enthousiasme
car il est heureux d'être pris dans cet atelier. |
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| Les photos ont été prises
lors de la visite de la cathédrale et de l'atelier du maître
verrier en 2005 ! |
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Soudain un tailleur de pierres arrive et s'approche
de maître Champs .Il lui parle à l'oreille, le maître semble bouleversé.
Il demande à ses hommes de cesser de travailler parce que l'architecte
de l'église Saint-Nicaise, Hugues Libergier, est décédé. Le silence
gagne la pièce où chacun se met à prier. Maître Champs, après un petit
moment brise le silence :
- " Ce décès ne doit pas perturber notre travail, mais il faudrait
rendre hommage à cet homme qui a tant fait pour notre ville. - Nous
pourrions peut-être fabriquer un vitrail à son effigie ? - Cela est
impossible, nous sommes déjà très en retard dans notre ouvrage. "
Le tailleur de pierres arrivé précédemment interrompt le dialogue
et propose de faire une pierre tombale qui représentera le défunt
avec ses outils. Maître Champs offre son aide : il dessinera les traits
du visage de l'architecte et Vincent le remplacera, c'est un de ses
meilleurs compagnons. Sur ces mots le tailleur retourne dans sa loge
pour commencer à préparer la pierre tandis que Maître Champs se met
à dessiner les traits de Hugues Libergier.
A suivre... |
| dessin de la piere tombale d'Hugues
Libergier déposée aujourd'hui dans la cathédrale
de Reims. |
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| La cathédrale de Reims en 2006 ! |
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