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Résistante dans la région d'Epernay, Mme Yvette Lundy a
été déportée.
Depuis des années elle témoigne devant les élèves
des collèges et des lycées de ce qu'elle a vécu.
Elle était au collège le jeudi
6 décembre 2007 de 14h30 à 16h30 où elle a
témoigné devant des élèves des 3èC
et D ainsi que des professeurs intéressés.
- Quelques images de ce temps fort
- Des extraits de son témoignage
Le témoignage en images
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| Mme Lundy accueillie par Mme Géroudet,
Principale du collège, debout pendant 2 heures a su intéresser
son auditoire. |
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| Les élèves très
attentifs ont eu de nombreuses questions à lui poser, en particulier
ceux qui préparent le Concours National de la Résistance
et de la Déportation. |
Ancienne institutrice, elle a expliqué
aux élèves comment elle a fait de la résistance,
son arrestation et sa déportation au camp de concentration
de Ravensbrück.
Elle a davantage détaillé l'aide apportée aux
pourchassés et persécutés car c'est le thème
du Concours de la Résistance de cette année scolaire
2007-2008. |
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Des extraits de son témoignage
du 6 décembre 2007 :
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"Etre résistant, c'est être un peu "anormal"
dans la société de l'époque. Au début
de la guerre il y avait seulement quelques dizaines de résistants
dans la Marne. Ma famille s'est trouvée engagée dans
la Résistance dès l'été 1940.
Nous habitions au Nord de Reims, pas très loin du camp de
Bazancourt où étaient enfermés plus de 3000
soldats français prisonniers, gardés par les Allemands.
Certains sont parvenus à s'enfuir et nous en avons recueilli.
Il fallait les habiller en civil, les nourrir, leur changer l'identité.
Comme j'étais institutrice et secrétaire de mairie,
je pouvais faire des fausses cartes. Les cartes d'identité
étaient nécessaires pour pouvoir obtenir les cartes
d'alimentation à cause du rationnement.
Mes frères avaient de la place chez eux et pouvaient héverger
plusieurs personnes, moi je ne pouvais en héberger qu'une
seule à la fois. J'ai aussi fait des fausses cartes d'identité
pour des familles juives, pour des gens qui refusaient de faire
le S.T.O. et qui se cachaient . D'autres personnes ont hébergéi
des aviateurs anglais et américains dont les avions avaient
été descendus par la D.C.A et qu'il fallait cacher
pour les faire repartir en Angleterre.
J'ai été dénoncée et les Allemands
sont venus m'arrêter dans ma classe, devant mes élèves
!
J'ai été enmenée et interrogée au Cours
d'Ormesson à Châlons puis emprisonnée au fort
de Romainville et ensuite on nous a entassées en train, dans
un wagon à bestiaux : 120 femmes là où il y
a de la place pour 6 chevaux. Nous avons eu 4 jours et 3 nuits de
voyage avec juste une ration de pain chacune, une bassine d'eau
et une tinette commune. On ne pouvait pas être toutes assises
en même temps.
Puis on est arrivées au Nord de Berlin, à la gare
de Fürstenberg, on a fait 4,5 km de marche et on est arrivées
au camp de Ravensbrück."
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Des extraits de son témoignage des années
précédentes :
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Yvette Lundy a expliqué aux collégiens quelles tâches épuisantes
elle était obligée de faire dans le camp de concentration de Ravensbrück
où elle a passé une année :
participer à l'assèchement de marécages en portant de lourdes brouettes
de terre, fabriquer les cartouches destinées au fusées V1, casser
des blocs de pierre dans une carrière, les transporter dans des
wagonnets si lourds qu'il fallait dix femmes pour les pousser… Toutes
ces tâches durant douze heures par jours par tous les temps !
" On usait nos forces à ces travaux épuisants " , le régime
alimentaire était réduit au strict minimum : un breuvage clair comme
"café",une vague soupe avec quelques morceaux de rutabagas,
de rares pommes de terre, 3 tranches de pain pour la journée. Les
déportées maigrissaient vite " on était maigres comme des sacs
d'os habillés de peau" alors que les industriels allemands et
les SS s'enrichissaient.
Le coût d'un déporté pour son "entretien" peut être évalué à 0,60
Mark soit environ
0,60 € alors que chaque déporté était "loué" pour 4 à 8 Mark selon
les tâches !
Pour s'entretenir le moral, les déportées inventaient des stratagèmes
comme former une colonne de travail bien ordonnée qui n'allait nulle
part sauf se cacher pour se reposer. Quand elles travaillaient pour
une poudrerie, Yvette Lundy et ses compagnes ne remplissaient pas
complètement les cartouches, ou mettaient trop de paraffine. " On
ne faisait pas cela tous les jours sinon on aurait été découvertes,
alors de temps en temps on ne remplissait pas la caisse avec le
bon nombre ou on mettait trop de poudre … "
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« Physiquement on récupère,
mais psychologiquement c’est très dur, j’ai mis 15 ans à m’en remettre.
J’ai commencé à parler grâce au Concours National de la Résistance
et de la Déportation que certains d’entre vous préparent. Aujourd’hui
si je vous en parle c’est pour que vous sachiez ce qui s’est passé
mais aussi pour que vous puissiez apprécier votre bonheur et que
vous soyez tolérants vis à vis des autres ».
« J’ai travaillé au déblaiement
et à l’assèchement des marais, cassé des cailloux. On nous faisait
travailler avec le reste de forces que nous avions, dans le but
de nous faire mourir à petit feu. Au bout de seulement trois semaines
de camp, une amie qui ne m’avait pas vue ne m’a pas reconnue tellement
j’avais maigri. »
« Ce que j’ai vécu , c’est
un cauchemar, mon âme a été blessée, mais j’ai eu la chance de survivre
et quand je vous parle c’est comme si mon âme saignait encore, mais
je le fais pour qu’on n’oublie pas. »
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" Si je vous parle ce n'est pas un plaisir,
c'est pour répondre à un engagement, pour le Concours National de
la Résistance et de la Déportation, qui existe depuis 1961 et que
certains d'entre vous préparent . Ce concours permet de témoigner
face à vous…. "
" Si on vous parle c'est pour vous protéger
contre des drames qui peuvent arriver très vite. Vous êtes les messagers
de la paix, il faut que vous soyez des combattants de la liberté
et de la paix. Réfléchissez, c'est votre vie de citoyens, l'avenir
c'est vous ce n'est pas nous ! "
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