Machelé Sandrine - Quinet Melanie - Masson Guewen

 

VENISE A TRAVERS LE TEMPS

 

VENISE :définition.

 

 

En Italien Venezia.Ville d’Italie, sur la lagune de Venise, formée par l’Adriatique ;80 000 habitants ;chef lieu de la province du même nom et de la Vénétie.

Venise est construite sur des parcelles de terrains :180 îlots, que séparent 177 canaux étroits enjambés par près de 400 ponts.Le Grand Canal, à la majestueuse sinuosité et que traversent seulement 3 ponts( notamment le Ponte Rialto datant du XVI ème siècle), divise Venise en deux ensembles distincts, bordés au sud par la longue île de la Giudecca.Un cordon littoral (dont le Lido est une partie) sépare les eaux vénitiennes de la mer ( à 2 kms),sur laquelle il offre trois accès. Au nord s’égrènent plusieurs îles : San Michele, Murano, la plus importante, Burano et Torcello.

Venise est un prestigieux centre touristique. A 4 km, le port (Porto Marghera) et la zone industrielle de Mestre (raffinerie de pétrole, industries chimiques) figurent parmi les plus importantes d’Italie.

Témoins de son rôle culturel et artistique dans l’histoire, nombreux palais du Moyen Age et de la Renaissance sur les rives du Grand Canal : Ca’ d’Oro(XVème siècle), palais Vendramin Calergi (XVI ème siècle), Corner della Ca’ Grande (XVI ème siècle) ,etc.Innombrables églises : Santa Maria Gloriosa dei Frari XVI ème siècle), Santa Maria della Carità (XV-XVIIIème siècle), transformée en musée (Accademia delle Belle Arti), Santa Maria della Salute (XVII ème siècle)etc.

Cœur de la ville, la place St Marc est bordée : à l’est par la Basilique St Marc (commencée en 829, reconstruite dans le style byzantin de 1063 à 1094, remaniée aux XIII ème, XV ème et XVIIème siècle) ; au nord par la tour de l’horloge (1496) et par les procuratie Vecchie(XVIème) ; à l’ouest, par les procuratie Novissime(1810). Dominée par le Campanile (XIII- XIV ème siècle, reconstruit de 1905 à 1912), elle s’ouvre, du côté du canal de Saint-Marc qui prolonge le Grand Canal, sur la Piazzetta aux deux colonnes de granit, devant laquelle  s’élève le palais des Doges, construit au XII ème siècle, modifié aux XIV ème,XVème et XVI ème siècle(peintures de Titien, de Véronèse et, surtout, du Tintoret), et que le pont des Soupirs ( des prisonniers) relie aux prisons. Les îles adjacentes comptent de nombreuses églises( San Giorgio Maggiore).

 

Notre définition de Venise.

    Venise est selon nous un lieu unique, c’est une île qui ne ressemble à aucune autre. Venise est également un endroit tout droit sorti d’un rêve on ne peut imaginer cela car cette ville est unique et on ne peut retrouver cette atmosphère nulle part ailleurs.

    Lorsqu’on se rend à Venise le plus fascinant ce sont les contrastes entre les endroits pauvres et désertés et les lieux luxueux et énormément visités. En effet on peut observer une grande différence entre les alentours de la Place St Marc et les petites rues plus éloignées de ce qui est le centre politique, économique et culturel de l’île.

    Venise est aussi un endroit très romantique avec des couchers de soleil chaque jours différents mais également différents des autres couchers de soleil qu’il peut y avoir dans les autres pays, dans les autres villes, ou dans les autres communautés.

    Venise est unique au monde, c’est un espace de rêve car on ne peut pas croire à un monde aussi pur, idéal, aussi beau. Venise est un endroit dont les charmes nous font défaillir, on ne voit plus le temps passé, on pourrait marcher des heures entières sans être fatigué on se sent libre de toutes les contraintes c’est un paradis terrestre.

 

   Nous verrons dans ce dossier, deux aspects de Venise. Un aspect de Venise contemporain mais tout d’abord la Venise d’avant, vu par des peintres et des auteurs. Nous montrerons la frontière entre Venise dans le passé et Venise aujourd’hui . Nous étudierons plus particulièrement les trois lieux les plus représentatifs de Venise c’est à dire le Palais des Doges, le pont des Soupirs et la place St Marc.

 

La Place St Marc.

A-    présentation.

 

   La Place St Marc est la seule véritable place de Venise, elle est  exactement au centre de Venise. A gauche se trouve le lion de St Marc, symbole de la ville. A droite de la Libreria Marciana qui permet à Venise de devenir une capitale touristique et culturelle.

   Sur la place se trouve également la Basilique St Marc et le Palais des Doges. Ces deux monuments représentent les différents pouvoirs à Venise.

 

B-     rôle de la Place St Marc.

       

           Cette place rassemble tout les pouvoirs, toutes les fonctions d’une ville :

-       c’est un centre politique et judiciaire avec le Palais des Doges.

-       Il y a également le pouvoir religieux avec la Basilique St Marc.

-       Un pouvoir administratif grâce aux procurati ( bureaux)

-       Un pouvoir financier avec la Zeccha où on frappait la monnaie.

-       Un pouvoir culturel avec la Libreria Marciana.

        Seul le pouvoir économique est absent de cette place, il est concentré quant à lui sur le   Pont du Rialto.

Sur la place St Marc se déroulait les principales festivités religieuses et populaires. Sur la piazetta, se trouve un balcon d’où l’on annonçait les exécutions.

Après les croisades et le pillage de Constantinople, Venise devint indépendante mais elle devint pas la même occasion le centre du monde en récupérant le rôle des byzantins mais cette position n’existe plus dès le XV ème siècle suite à la découverte de l’ Amérique.

C- La Place St Marc selon des peintres.

 

Canaletto

(Giovanni Antonio Canal dit Canaletto). Peintre, dessinateur et sculpteur italien.(Venise 1697-1768).

Il travailla avec son père à des décors de théâtre puis se spécialisa dans la peinture de « Vedute » et devint rapidement le plus célèbre représentant de ce genre. Entre 1746 et 1755, il séjourna plusieurs fois à Londres et sût adapter son coloris à l’atmosphère grise et sombre de la ville. Ses vues de Venise , comme sa description des fastes de la cité, obtinrent un vif succès auprès des amateurs anglais. Il mit surtout en valeur les perspectives variées de la ville , insistant dans ses compositions rigoureuses ( il employait sans doute une chambre noire) sur la solidité des horizontales et des verticales . Ses œuvres donnent souvent une impression de statisme ; plusieurs cependant sont animées de personnages ( Le Doge sur le Bucentaure ; Fête de l’Ascension à Venise).

Il fit preuve d’une sensibilité délicate à l’atmosphère lumineuse mais n’évita pas toujours la monotonie. En raison de son succès, il se fit secondé par des aides et fut abondamment imité.

 

Tableau avec des couleurs qui semblent correspondre à celle de la réalité. Il veut donner une belle vision de Venise puisqu’il présente la ville sous un ciel bleu. On aperçoit à l’arrière plan le Palais des Doges, le Campanile et on peut deviner l’emplacement de la Place Saint Marc.

 

On remarque que Canaletto a insisté sur les personnages qui sont au premier plan mais qui sont représentés en plus petit. Le fait qu’il y ait des personnages rend la ville vivante par son animation. On peut remarquer que les reflets sont peu importants. Il donne donc une image qui rend compte de Venise telle qu’elle était à son époque. La perspective et les détails sont beaucoup utilisés ; son tableau apparaît telle une photographie.

 

Francesco Guardi.

(Venise 1712-Venise 1793) peintre italien, surtout connu pour ses vedute (vues) des bords de la lagune à Venise (La Salute).La légèreté, l’éclat vibrant de ses traits font de lui un précurseur de l’impressionnisme.

 

 

 Contrairement à ses autres peintures, Guardi désire apporter ici une importance à ses personnages ( à travers le titre ) qui sont toujours représentés de façon minuscule et presque même de façon impressionniste. La Tour du Campanile est mise en valeur. On remarque l’usage de la perspective à travers le point de fuite. La Basilique Saint Marc est peu visible. Guardi a donc voulu représenter un autre type de lieu à Venise, à savoir une place (contrairement à d’autres qui représentent des architectures ou l’eau vénitienne). L’usage du soleil qui apparaît à travers la fameuse apparition du ciel bleu ainsi que des ombres des architectures et des personnages qui marquent un jeu de lumière et d’obscurité. A travers tout cela, la Place Saint Marc apparaît réelle et correspond à la réalité.

 

Le Palais des Doges.

A- présentation

   Le Palais des Doges est un immense bâtiment ( le plus grand de Venise) qui se compose de nombreuses salles comme celle du Grand Conseil et celle du Scrutin. Ce bâtiment est relié aux Nouvelles Prisons grâce au Pont des Soupirs.

  Ce bâtiment comprend également les appartements du Doge réputé pour leur splendeur. En 1483, ceux-ci furent détruits suite à un incendie, les dégâts étaient tels qu’une simple restauration était impossible. Les travaux furent achevés malgré de nombreuses difficultés.

    Le Palais subit de nombreuses influences : byzantines, de la Renaissance… ce qui permet une diversification des structures architecturales. De nombreuses toiles recouvrent les murs du Palais des Doges dont celle de peintres comme Tintoret, Véronèse… un portrait de chaque doge selon Tintoret  recouvre les murs de certaines salles formant ainsi une frise.

 

B- rôle du Palais des Doges.

 

   Le Palais des Doges est le centre politique de Venise. Il représente le pouvoir politique avec la présence du Doge qui y vit également mais aussi le pouvoir judiciaire avec la Salle du Grand Conseil et la Salle des Tribunaux.

   Le Doge ne correspond pas tout à fait à un roi grâce à la répartition des pouvoirs. Néanmoins les principaux rôles de la ville, les principales puissances sont concentrées près du Palais ce qui permet au Doge de garder malgré tout le contrôle d’une grande partie des pouvoirs.   Le Palais des Doges constitue un ensemble bien précis.

 

Le Pont des Soupirs.

 

A-présentation.

     Ce pont relie le Palais des Doges aux Nouvelles Prisons situées de l’autre côté du canal ; il fut construit au tout début du XVII ème siècle par Antonio Contin. On remarque que la liaison entre les deux bâtiments se fait grâce à deux parcours distincts. Cette œuvre se distingue par l’aspect fermé de cette structure surplombant le canal, revêtue de pierre d’ Istrie.

   C’est un bâtiment qui ne reflète pas la même atmosphère à l’extérieur qu’à l’intérieur. C’est à dire que la blancheur de la pierre ne donne pas l’idée de dureté de la noirceur et de l’obscurité des couloirs.

 

B- rôle du Pont des soupirs.

 

   Le pont des soupirs fut appelé comme ceci en souvenir des soupirs poussées par les personnes condamnées et conduites vers les cellules. Le rôle de ce pont était de relier directement la salle des tribunaux aux Nouvelles Prisons où de célèbres prisonniers furent enfermés comme Giacomo Casanova.

    Les couloirs des « parcours » étant étroits et différents, cela permettait aux gardes de pouvoir mieux contrôler les comportements parfois brutaux des prisonniers.

 

C-Le Pont des Soupirs vu par des peintres.

 

Jean Cheynel.

 

    Ce tableau représente une scène quotidienne à Venise. On observe la présence de personnages dans une gondole. On remarque que la couleur bleue. Les bâtiments sont d’une couleur qui est presque irréelle, le Pont des Soupirs qui est en réalité fabriqué de pierre blanche est ici représenté en bleu pâle.

    L’eau quand à elle est représentée avec un camaïeu de bleu ce qui est irréel car l’eau Vénitienne est plutôt verte. On remarque l’utilisation de la perspective grâce aux reflets et aux ombres.

 

    Pour conclure, on peut dire que ce paysage ne correspond pas à la réalité.

 

Jean Giraud (Moebius)

 

Dessinateur et illustrateur français (Paris 1938). Auteur de bandes dessinées dont l’œuvre est double : pour une part traditionnellement narrative et habilement dessinée, signé Gir (Lieutenant Blueberry), pour une part fantastique, imaginative et inspirée ( Les bandes signées Moebius).

 

 

La peinture ne repose que sur le Pont des Soupirs. Les couleurs rosés sont certainement dues à la présence de la lumière qui permet au pont de refléter. Les couleurs ne correspondent pas du tout au réel : les architectures sont blanches, et l’eau plutôt vert bouteille.

On remarque que le tableau donne au spectateur une impression de profondeur causée par le reflet de l’eau. A première vue, l’eau ne semble pas être représentée directement mais on devine sa présence grâce à la gondole et aux reflets créés par l’eau.

On remarque également l’usage de la perspective.

Ce paysage ne correspond pas à la réalité.

Mémoires d’outre-tombe

                           F.-R. de Chateaubriand

     Il a assez de civilisation à Venise pour que l’existence y trouve ses délicatesses. La séduction du ciel empêche d’avoir besoin de plus de dignité humaine ; une vertu attractive s’exhale de ces vestiges de grandeur, de ces traces des arts dont on est environné. Les débris d’une ancienne société qui produisit de telles choses, en vous donnant du dégoût pour une société nouvelle , ne vous laissent aucun désir d’avenir. Vous aimez à vous sentir mourir avec tout ce qui meurt autour de vous ; vous n’avez d’autre soin que de parer les restes de votre vie à mesure qu’elle se dépouille. La nature, prompte à ramener de jeunes générations sur des ruines comme à les tapisser de fleurs, conserve aux races les plus affaiblies l’usage des passions et l’enchantement des plaisirs.

    Venise ne connut point l’idolâtrie ; elle grandit chrétienne dans l’île où elle fut nourrie, loin de la brutalité d’Attila. Les descendantes des Scipion, les Paule et les Eustochie, échappèrent dans la grotte de Béthléem à la violence d’Alaric. A part toutes les autres cités, fille aînée de la civilisation antique sans avoir été déshonorée par la conquête, Venise   ne renferme ni décombres romains, ni monuments des barbares. On n’y voit point non plus ce que l’on voit dans le nord et l’occident de l’Europe, au milieu des progrès de l’industrie ; je veux parler de ces constructions neuves, de ces rues entières élevées à la hâte, et dont les maisons demeurent ou non achevées, ou vides. Que pourrait-on bâtir ici ? de misérables bouges qui montreraient la pauvreté de conception des fils auprès de la magnificence du génie des pères ; des cahutes blanchies qui n’iraient pas au talon des gigantesques demeures des Foscari et des Pesaro. Quand on avise la truelle de mortier et la poignée de plâtre qu’une réparation urgente a forcé d’appliquer contre un chapiteau de marbre, on est choqué. Mieux valent les planches vermoulues barrant les fenêtres grecques ou moresques, les guenilles mises à sécher sur d’élégants balcons, que l’empreinte de la chétive main de notre siècle.

    Que ne puis-je m’enfermer dans cette ville en harmonie avec ma destinée, dans cette ville des poètes, où Dante, Pétrarque, Byron, passèrent ! Que ne puis-je achever d’écrire mes Mémoires à la lueur du soleil qui tombe sur ces pages ! L’astre brûle encore dans ce moment mes savanes floridiennes et se couche ici à l’extrémité du grand canal. Je ne le vois plus ; mais  à travers une clairière de cette solitude de palais, ses rayons frappent le globe de la Douane, les antennes des barques, les vergues des navires, et le portail du couvent Saint-Georges-Majeur. La tour du monastère, changée en colonne de rose, se réfléchit dans les vagues ; la façade blanche de l’église est si fortement éclairée, que je distingue les plus petits détails du ciseau. Les enclôtures des magasins de la Giudecca sont peintes d’une lumière titienne ; les gondoles du canal et du port nagent dans la même lumière. Venise est là, assise sur le rivage de la mer, comme une belle femme qui va s’éteindre avec le jour : le vent du soir soulève ses cheveux embaumés ; elle meurt saluée par toutes les grâces et tous les sourires de la nature.

 

Les cahiers de Malte Laurids Bridge.

                                         Rainer Maria Rilke

     Cette Venise molle et opiacée de leurs préjugés et de leurs besoins disparaît avec ces étranges somnolents et, un matin, l’autre Venise est là, réelle lucide, cassante comme du verre, nullement issue de rêves : cette Venise voulue dans le néant sur des forêts coulées à fond, créée de force, et enfin parvenu à ce degré d’existence ; ce corps endurci, réduit au plus nécessaire, à travers lequel l’arsenal qui ne dort jamais chasse le sang de son travail ; et l’esprit insinuant de ce corps qui, sans cesse élargit son domaine, cet esprit plus fort que le parfum des pays aromatiques. L’Etat inventif qui échangeait le sel et le verre de sa pauvreté contre les trésors des peuples. Le beau contrepoids de monde qui, jusque dans ses ornements, est pleins d’énergies latentes qui se ramifiaient toujours plus finement : Venise. La conscience que je connaissais cette ville s’emparait de moi et , au milieu de ces gens qui voulaient se tromper, m’animait d’un tel besoin d’opposition que je levai les yeux pour en parler n’importe comment. Etait-il possible qu’il n’y eût, dans ces salles, personne qui, involontairement, attendît d’être éclairé sur l’essence de ce milieu ? Un jeune homme qui comprendrait aussitôt que ce qui était proposé là n’était pas une jouissance, mais un exemple de volonté, tel qu’on n’en pourrait trouver nulle part de plus exigeant et de plus sévère ?

 

Gil Blas

                         Guy de Maupassant

    On a rêvé une vaste cité, aux immenses palais, tant est grande la renommée de cette antique reine des mers. On s’étonne que tout soit petit, petit, petit ! Venise n’est qu’un bibelot, un vieux bibelot d’art charmant, pauvre, ruiné, mais fière d’une belle fierté de « gloire ancienne ».Tout semble en ruine, tout semble sur le point de s’écrouler dans cette eau qui porte une ville usée. Les palais ont des façades ravagées par le temps, tachées par l’humidité, mangées par la lèpre qui détruit les pierres et les marbres. Quelques-uns sont vaguement inclinés sur le côté ; prêts à tomber, fatigués de rester depuis longtemps debout sur leurs  pilotis.        Tout à coup l’horizon grandit, la lagune s’élargit ; là bas, à droite, apparaissent des îles couvertes et, à gauche, un admirable monument de style mauresque, une merveille de grâce orientale et d’élégance imposante, c’est le palais des Doges.

   Je ne raconterai point Venise dont tout le monde a parlé. La place Saint-Marc ressemble à celle du Palais Royal, la façade de cette église à l’air d’une devanture de café-concert en carton-pâte, mais l’intérieur est tout ce qu’on peut concevoir de plus absolument beau. La pénétrante harmonie des lignes et des tons, les reflets des vieilles mosaïques d’or aux lueurs adoucies, au milieu des marbres sévères, les merveilleuses proportions des voûtes et des lointains, un je-ne-sais-quoi de divinement trouvé dans l’ensemble, dans l’entrée calme du jour qui devient religieux autour de ces piliers, dans la sensation jetée à l’esprit par les yeux, font de Saint-Marc la chose la plus complètement admirable qui soit au monde.

 

    Mais en contemplant cet incomparable chef-d’œuvre de l’art byzantin, on se met à songer en le comparant à un autre monument religieux, sans égal lui aussi, si différent pourtant, chef-d’œuvre de l’art gothique, bâtie encore au milieu des flots, des flots gris des mers du Nord, à ce bijou monstrueux de granit qui se dresse, tout seul, dans l’immense baie du Mont-Saint-Michel.

 

Lettres d’un voyageur.

                                      George Sand

 

      Nous nous retrouvâmes à la fête ou sagra du Rédempteur. Chaque paroisse de Venise célèbre magnifiquement sa fête patronale à l’envi l’une de l’autre ; toute la ville se porte aux dévotions et aux réjouissances qui ont lieu à cette occasion. L’île de la Giudecca, dans laquelle est située l’île du rédempteur, étant une des plus riches paroisses, offre une des plus belles fêtes. On décore le portail d’une immense guirlande de fleurs et de fruits ; un pont de bateaux est construit sur le canal de la Giudecca, qui est presque un bras de mer en cet endroit ; tout le quai se couvre de boutiques de pâtissiers, de tentes pour le café et de ces cuisines de bivouac appelés frittole, où les marmitons s’agitent comme de grotesques démons, au milieu de la flamme et des tourbillons de fumée d’une graisse bouillante, dont l’âcreté doit prendre à la gorge ceux qui passent en mer à trois lieues de la côte.Les Vénitiens ont dans le caractère un immense fonds de joie ; leur péché capital est la gourmandise, mais une gourmandise babillarde et vive, qui n’a rien de commun avec la pesante digestion des Anglais et des Allemands ; les vins de muscats de l’Istrie à six sous la bouteille procurent une ivresse expansive et facétieuse.

      Toutes ces boutiques de comestibles sont ornées de feuillages, de banderoles, de ballons en papier de couleur qui servent de lanternes ; toutes les barques en sont ornées, et celles des riches sont décorées avec un goût remarquable. Ces lanternes de papier prennent toutes les formes ; ici ce sont des glands qui tombent en festons lumineux autour d’un baldaquin d’étoffes bariolées ; là ce sont des vases d’albâtre de forme antique, rangés autour d’un dais de mousseline blanche dont les rideaux transparents enveloppent leurs convives ; car on soupe dans ces barques, et l’on voit, à travers la gaze, briller l’argenterie et les bougies mêlées aux fleurs et aux cristaux. Quelques jeunes gens habillés en femmes entrouvrent les courtines et débitent des impertinences aux passants. A la proue s’élève une grande lanterne qui a la figure d’un trépied, d’un dragon ou d’un vase étrusque, dans laquelle un gondolier, bizarrement vêtu, jette à chaque instant une poudre qui jaillit en flammes rouges et en étincelles bleues.

 

 

Thomas Easley.

 

 

On remarque que la Salute se situe à droite du tableau. Le grand Canal se situe au premier plan, les architectures au second et enfin la couleur du ciel au dernier plan .

La scène se déroule lors d’un orage, qui est donc un jeu entre la lumière ( à travers les éclairs) et d’obscurité ( à travers les nuages sombres, voire la nuit). Venise est donc représentée sous un angle différent par rapport aux autres peintres qui choisissent de représenter le ciel en bleu.

Quant à la lagune, on remarque que la couleur de l’eau épouse celle du ciel, ce qui correspond à la réalité. Le paysage est donc sombre mais la Salute est mise en valeur par la lumière rare et précise que provoque les éclairs. La Salute apparaît blanche, de la même couleur que l’éclair, et celle de la réalité.

Ainsi, ce qui rend cette toile moins courante que les autres est le ciel qui joue un rôle dans les différentes peintures ; beaucoup de peintres veulent représenter l’usage de la lumière qui influence le paysage vénitien. On note également l’usage de la perspective, ce qui produit une fois de plus un effet de réel, comme si le paysage peint était une photographie.

Enfin, on peut dire que ce paysage correspond à celui qui est en réalité.

 

Préface à « Venise que j’aime »

                                    Jean Cocteau

 

Où vit-on des danseurs au bout de feuilles mortes,

Tant de lions couchés devant le seuil des portes,

Tant d’aiguilles de bois, de dentelles de fer,

De dentelles de marbre et de chevaux en l’air ?

Où vit-on tant de fruits qu’on charge et qu’on décharge ?

Tant de Jésus marcher sur l’eau,

Tant de pigeons marchant de long en large

Avec habit à queue et les mains dans le dos ?

Où vit-on, d’un orteil, tenir sur une boule

Un homme armé d’un parchemin ?

Où vit-on labyrinthe encombré d’une foule

Qui jamais ne perds son chemin ?

Où vit-on flotter tant d’épluchures d’oranges,

Tant de ronds, de carrés, d’ovales, de losanges

Où vit-on des bustes charmants

Glisser, les bras tendus, sur le bord des terrasses ?

Où vit-on manger tant de glaces ?

Où vit-on des radeaux être de belles places ?

Où vit-on sur un pied dormir les monuments ?

Où vit-on un palais qui penche

Attendre quoi ? debout et le poing sur la hanche ?

Où vit-on sur la mer machiner un décor ?

Tant de filles en deuil et de dames blanches

Se mettre au carnaval une tête de mort ?

Où vit-on parcourir avec paniers et boîtes

Tant de porteurs légers qui n’ont que des mains droites ?

Où vit-on atteler des hippocampes d’or ?

 

Venise selon Melanie Quinet.

    Qu’ai-je bien pu retenir de Venise si ce n’est la majesté de ses bâtiments dans leur beauté universelle ? Pourquoi n’ais- je point le souvenir seulement du Palais des Doges, de la Basilique St Marc ou encore du Rialto ?

    C’est ce qui semble étonner tout le monde et, pourtant, il s’agit bien là de mon sentiment à propos de « cette ville sortie des eaux », comme on l’appelle souvent. Si j’ai su apprécier la magnificence de la Basilique St Marc, l’importance du Palais des Doges où bien l’imposante taille du Campanile, ce n’est point cette vision de Venise que j’ai voulu garder.

    Ce qui m’a le plus marqué, en réalité, ce sont ces ruelles calmes, où seul le ruissellement de l’eau vient briser le silence. La simplicité de Venise dans sa majesté.

 

    Venise est bien une ville particulière, mais pas seulement avec d’immenses bâtiments se dressant   hors de l’eau. Pour moi, la particularité de Venise réside uniquement dans la simplicité de celle-ci. Une vie se développe à Venise, comme nulle part ailleurs, dans son originalité. Pas un seul jour passé à Venise  ne me sembla identique au précédent. C’est ce souvenir que j’ai voulu et su garder de Venise. Et même si le coucher de soleil Vénitien se reproduit chaque soir, il n’est pour moi identique ni à un autre, ni à lui-même.

Venise selon Sandrine Machelé.

     Venise, pour moi, ne correspond pas aux clichés habituels c’est à dire les grands monuments, l’eau, les gondoles, une histoire très riche… Certes tout ces éléments font partie de Venise mais ce que j’ai préféré dans cette île ce sont les rues étroites où l’on ne voit pas beaucoup de touristes, car plus on est éloigné de la Place Saint Marc et ses artifices, plus on peut apprécier ce que je considère comme la vraie Venise, une ville différente de toutes les autres .Une ville authentique.

      Je pense que Venise est un lieu très touristique mais si on cherche bien, Venise est un endroit qui ne ressemble à aucun autre. Il y règne une atmosphère tellement particulière que l’on a beaucoup de mal à la fois à s’habituer et à l’oublier .Venise est un lieu magique pour celui qui n’y vit pas, qui est étranger à toutes les habitudes vénitiennes par exemple les fêtes dans les rues, les trajets en vaporetto ou en gondoles, les transports de marchandises…

     Si je devais ne retenir qu’une image de Venise ça serait le coucher de soleil sur les monuments ce qui leur donnent une couleur rosée. Cette image restera longtemps gravée dans ma mémoire car elle est mon souvenir de Venise et la lagune. Certains diront qu’un coucher de soleil est un coucher de soleil qu’ils se ressemblent tous. Ceux-là n’ont jamais été à Venise car son coucher de soleil est si particulier qu’il nous fait oublier tout les autres.

     Venise est selon moi comme un tableau, il faut savoir regardé, avoir un œil assez éduqué pour l’apprécier réellement. Si notre œil ne l’est pas assez on ne peut pas comprendre la magie de ce lieu de frontière unique au monde. Une frontière, entre le riche et le pauvre, entre le touristique et l’authentique, entre le sacré et le profane.

Venise selon Guewen Masson.

    Pour moi, Venise est une ville onirique, qui semble hors du temps, qui sort de l’ordinaire. Pour moi, c’est une ville qui ne peut exister que dans notre imagination et qui ne peut exister en réalité. C’est une ville qui laisse le touriste bouche bée, face à sa beauté, on ne semble pas croire qu’on puisse être dans une ville qui ne semble qu’onirique et imaginaire.

   J’ai eu l’impression d’être dans un autre monde, de ne plus être sur terre, surtout lorsque nous arrivions chaque matin et lorsque nous étions sur le vaporetto sur le grand canal. J’avais l’impression d’être dans un autre monde. Pour moi, tout m’a marqué ; surtout l’eau présente et touchant les magnifiques architectures. De plus, à Venise, le dépaysement est total, il apparaît comme un paysage exotique comme dans les contes de fées.

   La vie à Venise est différente, avec ses gondoliers, ses nombreux touristes, l’obligation de trouver un pont ou un vaporetto pour aller de l’autre côté de l’eau. Venise est une ville qui sort de la monotonie, aussi bien avec l’eau qui borde les architectures que les architectures elles-même nous transportent pour la plupart d’entre elles en Orient. Venise est une ville indescriptible tant elle est belle, magique et hors de tout ; elle supprime notre monotonie quotidienne. Venise est une ville sentimentale car on a une émotion très forte et inexplicable lorsqu’on y est. Bref, une description de la ville ne suffit pas ; il faut aller à Venise pour comprendre pourquoi elle nous séduit et pourquoi on a une émotion ; c’est la seule solution pour en avoir car des photos, une description littéraire,… ne font pas le même effet. Il faut aller à Venise une fois dans sa vie ( «  voir Venise et mourir »).

   Venise est une des plus belles villes que j’ai vues dans ma vie et c’est la seule qui m’est vraiment séduite et donnée une émotion.