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B - LE MOUVEMENT GYMNIQUE
¶ - Généralités
En compétition, le gymnaste masculin évolue au sol, au cheval d'arçons, aux anneaux, au saut de cheval, aux barres parallèles et à la barre fixe. Pour les féminines, quatre agrès seulement : saut de cheval, barres asymétriques, poutre et sol.
L'esthétique, liée à la performance, confère à la gymnastique le qualificatif "d'artistique". Cette pluralité d'agrès laisse apparaître le nombre important et la complexité des gestes réalisables.
L'exercice est un ensemble de gestes ou éléments codifiés pouvant permettre un jugement de valeur portant sur le choix, la liaison, la combinaison, l'exécution de ces différents gestes combinés.
L'élément gymnique (lui-même ensemble de conduites partielles) est une fraction de l'exercice possédant sa propre finalité, sa propre signification et sa propre valeur fixée arbitrairement au cours de l'évolution de la gymnastique.
L'exercice est donc un ensemble, avec un début et une fin, et dont les parties sont ces éléments ou gestes partiels codifiés.
· - L'élément gymnique
Il se déroule dans l'espace (forme visuelle) et possède une certaine durée (forme temporelle). Les frontières d'un élément sont indéfinissables car son début et sa fin correspondent généralement à la fin de l'élément précédent et au début de celui qui suit. Chaque élément a son unité, sa propre organisation (structuration dynamique) et sa propre signification.
2.1 La suite continue d'actions successives ou simultanées en situations diverses donne lieu à une structuration dynamique spatio-temporelle.
La structure spatiale (déroulement du geste dans l'espace) ne peut être dissociée de la structure temporelle (déroulement du geste dans le temps). Cette structure rythmique (durée, accélération, ralentissement, accents d'intensité) va donner un relief spécial à l'élément et aura un rôle régulateur important.
La signification de l'élément ne change pas s'il est réalisé par deux gymnastes différents lui faisant subir des variations individuelles (aspect personnel des qualités de chaque individu).
Par contre, la signification de l'élément change lorsque l'une des parties est modifiée ou si l'organisation subit une modification sans que le contenu diffère (ex.: bascule progression et salto au-dessous aux barres parallèles).
2.2 En appui ou en suspension, l'évolution du gymnaste est soumise aux exigences de l'agrès. Celui-ci, par ses caractéristiques, impose une forme de travail bien définie.
En gymnastique sportive, la station debout est passagère et n'est, le plus souvent, que le départ et l'aboutissement de gestes complexes. Le passage du corps de l'appui à la suspension, de la suspension à l'appui, de l'appui à l'appui, de la suspension à la suspension, ou en trajectoire libre après appui ou lâcher d'agrès, se fait en rotation partielle ou totale. Outre la rotation longitudinale du corps ou les combinaisons de rotations transversales et longitudinales, prédominent essentiellement la rotation avant et la rotation arrière du corps groupé, carpé ou tendu.
Ces deux situations inhabituelles "type" sont généralement associées à une phase intermédiaire, l'appui tendu renversé (statique ou dynamique). Par ce caractère inhabituel, l'apprentissage va prendre une dimension nouvelle dont un des aspects, le CRAN, acquiert toute son importance.
2.3 L'articulation interne des actions musculaires possède ses lois propres :
- mécaniques : placement approprié du corps et des segments pour l'utilisation optimale des lois du mouvement,
- techniques : place et déclenchement d'une action par rapport à une autre au cours du déroulement du geste,
- rythmiques : accélération, ralentissement, points d'intensité, durée.
Le mode de perception et d'action étant variable suivant les individus, le gymnaste, chargé de son histoire individuelle, devra organiser son comportement en fonction de ses aptitudes, de son vécu antérieur, de ses affects et motivations, conférant ainsi une touche originale à ses réalisations.